Milady de Winter

Milady winter

 

 

 

 

Auteur : Agnès Maupré
Editeur : Ankama
SBN : 978-2-35910-110-2
Nb. de pages : 160 pages
Série en 2 tomes

 

 

 

 

 



Mon avis :

Avec cette bande-dessinée, Agnès Maupré revisite l’œuvre d’Alexandre Dumas en s’intéressant plus particulièrement au personnage de Milady de Winter. L’histoire s’ouvre au moment où Milady est laissée pour morte par son mari, le Comte de la Fère, qui l’a pendue à un arbre. Ce dernier n’a, en effet, pas supporté de voir que sa jeune épouse portait une fleur de lys à l’épaule, symbole d’une faute grave commise par le passée. Milady parvient à s’échapper et à s’enfuir pour l’Angleterre où elle fait la connaissance de Lord de Winter qui ne tarde pas à l’épouser.


L’intrigue reste relativement  fidèle au « Trois Mousquetaire » et aborde l’histoire en s’intéressant à la « méchante ». Milady apparaît ici comme une femme perturbée et complexe. Grande manipulatrice ou victime des hommes, on ne sait pas si elle est le jouet du hasard ou si c’est elle qui mène la danse. Les personnages du roman d’Alexandre Dumas sont présents même s’ils apparaissent ici d’avantage avec leurs défauts qu’avec  leurs qualités. D’Artagnan en prend pour son grade et apparait comme un idiot, pas très élégant avec les dames. J’ai beaucoup aimé ce traitement des personnages non-manichéens : il n’y a pas de méchants ni de héros dans cette bande-dessinée, juste des êtres humains.


Agnès Maupré apporte cependant une variation de taille par rapport à l’œuvre originale. En effet, Milady de Winter, dans cette bande-dessinée, est maman d’un petit garçon avec qui elle entretient des liens ambigu qui est à l’image du personnage : à la fois mère indigne  ne s’intéressant pas à son fils, elle sait aussi faire preuve d’une certaine tendresse à son encontre. La présence de cet enfant donne une grande force à la fin de cet album, lui donnant une autre dimension. Les dernières images du tome 2 m’ont fait mal au cœur.


Je n’ai cependant pas trop accroché aux graphismes dont le style est proche de celui de Sfar (que je n’apprécie pas trop). Cependant, l’utilisation du noir et blanc convient parfaitement au récit et fait ressortir la  violence de l’héroïne et des épreuves qu’elle  traverse.


A la fin de ma lecture, cette bande-dessinée m’a laissé un sentiment doux-amer, ne sachant pas s’il faut plaindre ou détester cette femme.

Logo_BD_Mango_bleuChallenge_Royal